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L’Église

Par Jacques Godefroy

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La fontaine devant l’église / Photo Stéphane Sarlin

Notre église est dédiée à Saint Etienne et, de ce fait, est certainement très ancienne (début de la chrétienté en Pays d’Apt). La consultation des anciennes délibérations municipales nous permet de connaître quelques évènements majeurs survenus dans l’histoire de notre église. De nombreuses inhumations étaient réalisées à l’intérieur même de l’église, ce qui n’était pas sans poser de problèmes. Une délibération du 18 août 1629 nous indique :

A été remontré que Monsieur le Vicaire dudit lieu s’est plaind que l’église audit lieu est mal accomodée et qu’il serait de besoin de la barder, voir bien faire une cimenterie neuve à cause de la mauvaise puanteur des corps qui sont ensevelis dans ladite église et que pourront éviter que le Saint Service ne sera point célébré. Et tous, d’un même accord, ont ordonné de faire barder ladite église et que chacun fera barder sa place le plutôt que se pourra.

On peut déjà en déduire que, jusqu’à cette date, le sol de l’église devait être en terre battue. Mais tous les défunts n’étaient pas inhumés dans l’église. Les quelques notations du lieu d’inhumation, dans les registres des baptêmes-mariages-sépultures, ne permettent pas de déterminer la cause du choix du lieu d’inhumation : Cimetière ou église. Il n’est pas du tout évident que ce choix corresponde à une situation sociale ou économique. Il est vrai, toutefois, que les deux derniers inhumés dans l’église, au milieu du XVIème siècle, ont été un prêtre et un Consul :
- Sieur Joseph PELLENC, premier Consul, décédé à l’âge de 50 ans environ, enseveli le 08 janvier 1749.
- Joseph ROUSTAN, prêtre et prieur du Boisset de Castillon, enseveli le 08 mai 1751. D’autre part, le cimetière est à cette époque une terre sacrée dans laquelle ne sont enterrés que les chrétiens. Apparaît donc le cas de Joseph MAYOL qui décède à l’âge de 50 ans après avoir refusé les sacrements. L’inhumation dans le cimetière paroissial lui est donc interdite et le 1er février 1750 il est enterré dans sa terre du Ranquet. C’est le seul cas de ce genre constaté dans la totalité des registres de sépultures de notre commune.

Le premier janvier 1658, la Communauté décide d’agrandir l’église car la foule s’y presse tellement lors des offices qu’ils en sont perturbés. Les travaux sont confiés à Espérit Régnier, Maître maçon de Saignon, et acte est passé avec lui par la Communauté devant Maître Almaric, notaire, le 07 février 1658. Par une grande chance, le registre notarial correspondant est toujours conservé aux Archives départementales à Avignon sous la côte 3E63 n° 74. En voici le texte intégral :

Par devant moy notaire et tesmoingtz constitué en personne Espérit Régnier Maître masson de la ville de Saignon lequel de gré et suivant la deslivrance a luy faicte du prix faict sy apprez déclare ensuicte de la délibération du conseilh du premier de ceste année a promis et promet aux consulz au nom de la communauté de ce lieu de Cazeneuve A ce presans et pour tous estipulantz Messieurs Jehan Bonnet Jehan Mayol Consulz Modernes Sieur Allexandre de Meruezin Escuyer Depputez pas ladite delliberation de fère et construire en l’esglize parrochialle audit lieu son nouveau presbitere qui se prandra despuis la Murailhe Maistresse du vieulx presbitere tirant en ront hors de ladite Esglise au-dedans la place ou simentiere Que sera en longueur de vingt pans en oeuvre despuis l’arc doubleau que sera de pierre de tailhe avec ses bosses et impostes et Autres Murailhes de massonneries ou gipperie lesquelles Murailhes seront au bas des fondements de trois pans de largeur tirant en mourant A la constituer le tout Conformément au dessain donné par ledit maître Régnier Abbattra la murette ou sappuye le retable Et en faira une autre si besoing est pour le ly attacher faira deux fenestres pour Avoir du jour audit nouveau presbitere lune tiendra le Midy et lautre du septentrion Que seront de pierre de tailhe en voûte et blanchira toute la besogne revestu au-dedans de plastre et au dehors de mortier. La Communauté fornira toutz Attraitz Nécessaires sur la plasse fors l’eau et Matières que ledit Maître Régnier fornira A ses despans Laquelle besongne faira et parachèvera entre icy et le premier daoust et ce Moyenant le prix et somme de Nonante six livres Que ladite Communauté luy payera trente deux livres au Commanssemant de la besongne trente deux livres Au Mittan et les trente deux livres restantes besongne faicte. Veue et recogneue par Maistres A quallité quil haussera l’arc doubleau a lesgal de langine qu’y est là ou est le Christ et les fenestres pour donner jour a ladite esglize et presbitère de la haulteur de sept pans et de largeur a proportion. Rompra le Maistre hautel et le rebastira ou luy sera Monstré par Monsieur le vicaire Et pour fere et Construire ledit Nouveau presbitere il rompra et abbastra la Murailhe Maistresse pour y pouvoir fere son arc doubleau affin que la pierre de ladite Murailhe serve audit bastiment et pour l’observation du contenu au présent Acte les parties ont hobligé Leurs biens A toutes cours des su[bmissions] requises et lont juré avec deube renontiation et requis Acte. Faict et publié audit Cazeneufve et dans ma maison dabitation ez présances de Messire laurens Mougin prebtre et sieur philip Castellan de la ville d’apt tesmoingz Requis et signez E Régnier Guichard J. Bonnet consul P. Castellan Mayol consul Meruesin

Pour bien comprendre ce texte, il est important de noter qu’à cette époque le mot "presbitere" n’a pas le sens que nous lui donnons maintenant. Il désigne l’endroit où se tient le prêtre pour la célébration de l’office divin. Nous pouvons donc conclure de cet acte que jusqu’en cette année 1658 notre église avait un chevet plat, que le grand arc de pierre, le chœur avec ses deux fenêtres, dont celle du côté nord a été transformée en niche lors de la construction de la sacristie, peuvent être datés de l’année 1658.
-  avril 1673 la réfection du pavage demandée ne semble pas avoir été faite.
-  01 janvier 1684 Il est dit que l’église est trop petite les jours de grandes fêtes, que la tribune menace ruine et qu’en la modifiant cela donnerait de la place et du jour. Le Prieur ayant donné, fin 1685 les 50 livres du prix évalué de la reconstruction de la tribune, on peut supposer, sans preuve, que ces travaux furent réalisés en 1686.
-  fin 1688 Pour poser le retable du Saint Rosaire, on jette à bas la chaire. Il en sera faite une autre en bois et sans miniature.
-  01 janvier 1689 Pose de la nouvelle chaire.
- vers 1715 Réfection du dallage.
-  1737 Pose de la première horloge.
-  1772 Les chapelles du côté sud sont ruineuses. Elles sont démolies et reconstruites avec moins de profondeur pour rendre plus commode le passage par la ruelle qui longe l’église par ce côté sud.
- 1773 - 1777 Construction de la sacristie et peut-être aussi du volume côté nord dit "chapelle des pénitents blancs" où a été déposé l’autel de l’église du prieuré de Notre-Dame des Aumades.
-  1858 Réalisation de l’habillage du chœur en noyer.
-  1875 – 1878 Réalisation de chapelles du côté nord.

Le clocher à peigne (deux cloches), qui avait été construit en 1902 pour remplacer un clocher ruineux, est jeté à terre le 06 décembre 1945 par un jour de grand mistral. Il sera remplacé par le mini-campanile en place actuellement. Voici donc retracé les évènements marquants de l’histoire de notre église, retrouvés dans les archives. La déchristianisation générale est cause de son manque de fréquentation, sauf (malheureusement) les enterrements qui arrivent à la remplir de fidèles.

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